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Le Val-ès-Fleurs

Il est d'actualité avec le projet de la fameuse pénétrante démodée, repris par la municipalité, qui, nous semble-t-il, ne relève pas vraiment de l'Agenda 21.

Faisons un peu d'histoire :

La Vallée des Moulins

Pendant des siècles, la rivière dite le Boscq a terminé son parcours dans une zone marécageuse propice aux petits moulins d'antan.

Au début du XIXe siècle, le maire, Méquin Jonville, assécha le marais à hauteur de l'actuel monument aux morts et de la Banque de France. Il aménagea ce qui sera appelé le Cours Jonville avec de nombreux arbres pour la promenade. Le lieu n'avait pas été pensé pour être une voie de circulation intense.

Les armateurs de l'époque ont pu y déposer leurs marchandises en attendant les travaux de comblement qui permettront de construire la rue Lecampion, les quais, le port.

A la fin du XIXe siècle, les Dior achetèrent les terrains inondables, en amont du cours Jonville, terrains alors peu appréciés.

Nécrologie de Louis Dior : 

Journal Le Républicain du 6 avril 1904 :

« ... Monsieur Louis Dior était dans sa 68ème année. Sa vie fut très laborieuse. C'est lui qui fonda les usines Saint-Nicolas et leur donna l'importance qu'elles ont aujourd'hui. Retiré des affaires, il ne resta pas inactif. Il entreprit de transformer complètement la vallée des Moulins qu'il rendit habitable en exhaussant son sol, en traçant à la rivière un cours plus régulier et ouvrant de larges voies... »

Il fit réaliser à ses frais un plan ambitieux d'aménagement urbanistique en 1897 (document consultable au « Fonds du Patrimoine » – Médiathèque). Au sortir de la seconde guerre mondiale, les filles de Louis, arrivées à la fin de leur vie, firent à la ville une donation importante de terrains de cette « vallée des moulins » qui était chère au cœur de leur père, ainsi qu'une forte somme d'argent. Marguerite Dior, épouse Lanos, fut le moteur dans cette donation. Le souhait était :

  •  Un prolongement du Cours Jonville avec trottoirs et arbres.
  •  Un stade de culture physique à l'usage des enfants des écoles.
  •  Un « square très utile ».
  •  Une « goutte de lait » terme signifiant un établissement de consultation des nourrissons.
  •  Marguerite prévoyait la construction d'une crèche modèle avec cour et jardin (ce qu'elle réalisera).
  •  Associé au square, un centre social à créer. « ... Le centre social à créer, associé au square, devra présenter une unité esthétique absolue qui fera du Val es Fleurs un des beaux quartiers de la ville. »

La généreuse Marguerite rêvait...

Un bruit court, un de plus dans cette période d'incertitudes de toutes sortes qui concernent notre ville, que l'établissement scolaire menacé à Granville serait l'école Marguerite Lanos. Si ceci était avéré, cela se traduirait vraisemblablement par une opération immobilière... Il en serait fini de la donation des filles de Louis Dior !

Rappelons la place occupée dans l'économie granvillaise par les établissements Dior : Charbons, Electricité, Cidrerie, Brasserie, Bouchonnerie...